Bonsoir Sylvian,
Un contrôle je ne sais pas parce que la grande majorité du temps je n’y arrive pas .
Effectivement, pas de contrôle. Plus précisément (vérifie-le), aucun contrôle de ce qui émerge : affects, réactions physiques, pensées... Juste une tentative +/- efficace de contrôle
a posteriori (qui est en fait l'irruption d'un second personnage tentant de censurer le dérangeant premier).
Vérifie-le autant que nécessaire. Si ce n'est pas totalement clair, on peut approfondir ici.
Dans quelques semaines je vais être hospitalisé pour guérir une blessure
Super ! Chance... (je peux me permettre de dire ça, tu me dis que ce n'est pas grave :-) )
Tu as une chance d'observer la vie de ce personnage, chargé de ta mémoire, tes expériences passées avec la maladie, la douleur, l'hôpital, bref tes conditionnements. Personnage qui, semble-t-il fait partie de ton parcours de vie.
(et l'expérience a commencé cette nuit-là semble-t-il. Ça tombe bien que ça arrive au moment de ce dialogue, je trouve...)
Je sais que ce n'est pas facile dans le stress, mais essaie de mettre de l'observation, de l'ouverture, de la curiosité, comme un scientifique qui observe un fait expérimental, le comportement d'un animal. Même si tu es emporté par le stress, le personnage, accepte ce fait, tu pourras aussi revenir à froid sur ce qu'il s'est passé. Les sensations, affects te reviendront en mémoire et tu pourras questionner cette mémoire.
Un truc essentiel à méditer, vérifier, expérimenter : L'ouverture, l'acceptation te placent dans la présence car elles sont indemnes du passé et des conditionnements. Elles n'ont aucun projet et ne sont dans aucune tentative de contrôle (contrôle, projets sont des caractéristiques du personnages, du passé, donc corrompus par le passé, les conditionnements, )
Mais il me semble qu’il y a la possibilité de revenir en mon centre tranquille même dans l’agitation des pensées ,des affects ou des sensations ,de vivre la manifestation depuis "l’œil du cyclone".Ce n’est pas le cas actuellement bien sûr .
Cf. ci-dessus
Accepte ces allers-retours, c'est normal, tant que tu n'as pas mis de la compréhension dans ce qui est activé (personnage/affects/pensées/réactions...) lors de certaines circonstances.
C'est autant d'occasions de comprendre, dépasser... C'est à aborder avec ouverture, curiosité, compréhension. Pas contrôle. C'est vain, la tentative vaine du personnage en recherche de sécurité de choisir ce qu'il va vivre...
C’est ta deuxième proposition,le personnage est périphérique au même titre que les autres objets il se manifeste au sein de cet espace silencieux.
Périphérique ou "au sein de" ? C'est pas pareil :-)
Tu peux noter que le personnage apparait et disparait alors que l'espace silencieux est toujours là, juste momentanément relégué à l'arrière-plan si tu es "pris" dans le rôle. (et il y a des tas de personnages en fait, selon le déclencheur, les circonstances : Sylvian avec X, Y, dans tel groupe, au boulot, à l'hôpital, "qui pense à l'hôpital"...etc).
Ces personnages existent-ils ? sont-ils réels ? Sont-ils quelque par en toi ? Ont-ils un contrôle sur ce qu'il se passe : les pensées, affects, réactions physiologiques ? Qu'est-ce qui les désigne, signale leur apparition dans ton ressenti ?
On peut creuser cette question par la suite.
L'observation de tout ça répond peut-être à ta question :
Quel chemin selon toi ? Un chemin a un début et une fin, comment perçois-tu les choses en toi ?
Le cheminement qui m’amène à voir clairement et sans le moindre doute que je suis
essentiellement cette conscience/présence et pas uniquement le petit personnage
savoir qui je suis vraiment
Quand je suis identifié au personnage je dirais:
Urgence, vouloir, savoir, comparaison, attentes, jugement, réaction,anxiété/peurs, partialité, croyances etc.
Quand je reviens au centre:
Calme, Espace ,Oui à tout ce qui est comme c’est.
N'as-tu pas là les repère dont tu pensais manquer ?
Je chemine sans repères ,c’est ce qui me met dans la confusion.
Le personnage qui cherche projette une idée de ce que seraient des repères pour lui et le faisceau de sa lampe plonge le reste dans l'obscurité :-)
La recherche qui t'anime, tu l'as formulée :
Qu'est-ce qui motive cette recherche ? Recherche de quoi ?
Qu'est-ce qui indiquerait que tu serais au bout de ta recherche ?
Je dirais réaliser ce qui en moi est équanimité, paix, joie et amour quelles que soient les
circonstances extérieures .
Ton ressenti, ton corps, te donnent les repères :
Quand je suis identifié au personnage je dirais:
Urgence, vouloir, savoir, comparaison, attentes, jugement, réaction,anxiété/peurs, partialité, croyances etc.
Quand je reviens au centre:
Calme, Espace ,Oui à tout ce qui est comme c’est.
Il te reste à bien percevoir la différence d'ambiance et comprendre comment tu sors de ta nature première : la paix, le calme, l'espace, pour entrer dans le stress, l'inquiétude, l'agitation.
Et là, ça a eu lieu cette nuit, tu as justement l'expérience qui tombe bien pour observer ça :
Dans ces moments là impossible de voir le calme.
j’ai l’impression d’être collé aux perceptions comme un moustique sur le phare d’une voiture.
N'es-tu pas collé à une tentative de contrôle et de fuite de ce qui se passe ?
C'est vain, tu l'as constaté. Je te suggères de tester une autre voie : l'acceptation profonde, l'ouverture curieuse, l'écoute ; écouter ce qui se passe, ce qui passe dans ta tête, les histoires que tu te racontes, leur effet...
Dans ces moments là impossible de voir le calme.
Décris précisément : Dans ce moment-là, où étais-tu ? Dans le réel de ton lit ? que se passait-il en toi ? qu'est-ce qui passait dans ta tête ? Quelles réactions somatiques ?
Manifestement, tu n'étais pas dans ton lit, mais dans un futur projeté... Qu'est-ce que ça entraine ?
J'aime bien ces citations de Byron Katie à ce sujet :
- "Vous voulez exprimenter la peur ? Pensez au futur. Vous voulez expérimenter la culpabilité ? Pensez au passé."
(le passé et le futur sont des pensées, n'ont pas de réel. Le personnage les crée, par sa mémoire et sesprojections. Seul le présent, flot intemporel est réel)
- "Les enfant n'ont pas peur du noir, ils ont peur de ce qu'ils imaginent dans le noir.
la pensée, la projection, la peur...
À bientôt,
Thierry