Tu as déjà constaté qu’il n’y avait aucun contrôle dans l’émergence des pensées, émotions, réactions du corps… Pourquoi cette pratique ?
Tu semble avoir des attentes, c’est le cas ? Qu’en attends-tu ? Qu’est-ce qu’une pratique donnée serait censée apporter ?
J'ai beau l'avoir constaté a de nombreuses reprises (ou plutot certaines parties de moi), je continue d'avoir l'impression que je fais des choix et qu'en fonction de ces choix les retombées pourraient favoriser ma paix intérieur ou la contrarier. L'impression donc que je fais des choix et même qu'ils peuvent être "bon ou mauvais" (judicieux ou non en fonction de mes aspirations). Je fais ces pratiques, comme un conditionnement (ou déconditionnement) pour que l'expérience "d'absence de choix et de moi", soit perçue et expérimentée par toutes les parts de ma psyché. Pa seulement celles qui en ont déja conscience (celles qui me font dire que c'est une certitude intelectuelle) mais aussi d'autres parts plus profondes/archaïques/inconscientes.
Par ailleurs je constate effectivement une attente en moi : sentir un changement radical ou au moins notable. Il y a déja eu un changement progressif concernant l'identification, au fil des années depuis l'enfance. En somme je fais ces exercices pour accompagner ou amplifier ce phénomène naturel de décollage à l'identification.
Est-ce que tu perçois des peurs relatives à une perte de contrôle ? (Sachant qu’il n’y a pas de contrôle sur l’émergence des choses, on a déjà fait l’enquête autour de ça : l’absence de contrôle est la norme. Les choses adviennent sans que tu l’aies décidé : tu fais des choix, c’est la façon courante de le formuler mais en réalité des choix apparaissent à ton esprit. Tu ne contrôles pas cette émergence, ça s’impose…
Une personne ayant une phobie des chenilles, peut avoir déjà enquêté de nombreuses fois, sur l'absence de danger réel et conclut avec certitude, qu'il n'existe rationnellement aucun risque sans pour autant que la réaction d'anxiété ne disparaisse face au stimuli.
J'aimerai dire (et le phobique aussi j'imagine) : "c'est bon j'ai observé et constaté, maintenant je peux passer à autre chose, je n'y crois plus (dans le sens plus aucune de mes parts n'y croient)" mais cela ne serait pas représentatif de mon expérience. _en me relisant j'entends la pensée : "c'est peut etre aussi simple que ça, il suffit d'être un peu plus bourrin, un peu moins subtil et détaillé dans la recherche : j'ai constaté que qu'il n'ya pas de moi, je ne reviens pas dessus et j'oubli l'idée que d'autres part en moi ne seraient pas encore au courant. Dorénavant je ne consacre plus de temps à cette question, elle est traité et je n'alloue donc plus de temps à ce type de pratique, je verrai ce que ça donne. " Est ce, cela que tu me conseilles ?
Quelle investigation exactement ? Avec quelle attente ?
« Mettre de côté la concentration » et « reprendre l’investigation » ont-ils été des choix contrôlés où se sont-ils présentés spontanément à un moment donné ?
L'investigation consiste à observer les pensées dès qu'elles apparaissent et à reconnaitre
1 une pensée a été perçue, célébration de l'insight (pour le renforcer)
2 la pensée n'a pas été choisie
3 constater que relacher la pensée est plus agréable que de s'y accrocher (pour renforcer le relachement)
4 ce processus en plusieurs étapes n'a pas été choisi, il s'est produit de manière autonome (par renforcement).
Reprendre l'investigation n'a pas été un choix contrôlé mais le résultat d'un conditionnement (un nombre infini de micro-décisions effectués par des parts de mon cerveau de façon inconsciente et autonome) .
« Il devrait y avoir une épiphanie »
Il ne devrait pas mais il pourrait y avoir une épiphanie. Quand je pratique l'investigation, sur le moment et un certain temps aprés la perception d'absence de "je" s'impose (petite épiphanie) puis cette perception ou ce rappel se dilue pour n'être plus qu'inteclectuel.
Selon moi, il y a la croyance d’un moi contrôlant ta vie, tenant les rênes ou le constat qu’il n’existe pas de moi. Je vois mal ce que serait une croyance fragile.
Où perçois-tu un moi, « je » ?
"Je" a déjà constaté qu'il n'existe pas de moi, le seul problème c'est que ce "je" n'est pas seul dans ma tête ; )
"je" et "moi" désigne de multiples parts en moi, qui ne sont pas unifiées, ne communiquent pas ensemble et ne sont même pas toutes conscientes les unes des autres.
Pour résumer ma pratique consiste à créer un espace d'accueil rassurant (faire une sorte de médiation interne) pour que toutes ces parties se rencontrent et échangent leurs informations, notamment sur l'absence d'un moi. Les échanges avec toi font parties de cette stratégie de renforcement.
Merci pour ta patience.
Kénavo,
Jamin.