Bonjour Jérémy,
A mon tour désolé de ma réponse tardive, il y a plusieurs grands changements en cours et j'avais moins la tête à nos échanges. Par ailleurs les suites de l'opération sont bonnes.
Pas de soucis, et tant mieux côté santé…
Alors je dirai que je perçois les mécanismes qui se mettent en place de façon presque évidente chez les autres et de temps en temps chez moi !
C’est un bon début 😊
Sérieusement, en fait. Quand on commence à percevoir les mécanismes chez les autres on a fait la moitié du chemin. La suite c’est les percevoir chez soit après coup, à froid (alors qu’on ne les a pas perçus en direct).
Après on finit par voir tout dans l’instant, spectateur de la pièce sans y participer…
Je constate qu'effectivement sans pensée de fond, il ne peut y avoir d'émotion.
Je fais une différence entre affect et émotion.
Les affects sont des réactions qui ont une source dans la subjectivité du sujet : sa mémoire, ses pensées, croyances à propos d’une situation.
Dans les échanges qu’on a eu, toutes pensées par rapport au passé, concernant par exemple ton ex, les croyances autour de ce qui aurait dû être si…, la nostalgie, la fin de ton travail, les pensées relative au futur (appréhensions). Toutes ces pensées crues, ces croyances, ces évocations déclenchés des affects divers : amertume, tristesse, inquiétude, regrets…
Je réserve le mot «émotions » aux ressentis qui ne sont pas de sources dans un sujet et ses croyances, son passé. Par exemple tout ce qui résulte d’une empathie, d’une participation à l’autre (il n’y pas le sujet avec ses attentes, ses histoires, ses projections ici)
Donc pour finalement répondre à cette question :
… et tristesse aussi puisque tu l’avais listé dans les pensées liées à cet affect.
Oui c'est vrai...
Ça pourrait être autrement ?
Oui, ça peut être autrement : tant que tu crois tes pensées sans les remettre en questions, tu nourris le personnage agité d’affects divers et variés : tristesse, tension, contrariété, peurs, nostalgie… avec diverses conséquences somatiques : tension musculaire, agitation, fatigue… Pensée compulsive aussi, bavardage (note comme les personnes stressées peuvent être bavardes 😊 (tout les bavardages ne sont pas nécessairement l’effet d’un stress…)
Tout ça n’est pas le résultat de l’instant présent mais de croyances à propos du présent, du passé, du futur.
Cette vision n'empêche pas la tristesse de s'inviter par moment. Les pensées ayant fait leur œuvre auparavant...
Toutefois je ne mets pas de tension à essayer de la faire disparaître.
Tout à fait. Ce serait l’effet de la croyance que ça ne devrait pas être, ce qui est faux, la preuve : c’est ainsi. Et ce n’est pas un pb : c’est juste une ambiance qui passe... ça vient, puis ça s’en va. Pas de menace, pas de pb…
En faire un pb et s’efforcer de le contrôler serait effectivement une tension (qui est toujours un symptôme qu’on se plante, qu’on est pas dans la bonne voie).
Accueillir ce qui est est paisible, c’est une position d’observation non impliquée. Dans cette non implication, cette neutralité, on n’est plus victime de croyances inconscientes. On regarde la pièce se jouer…
Toute tentative de contrôle est absurde, on l’a bien vu : les pensées, les affects, tout ça survient. On n’a pas la main sur un robinet qui contrôlerait ce flux…
Je constate surtout qu'en ce moment il y a curiosité poussée à me documenter sur les actualités
Elle est riche… 😊
C'est fou comme l'intérêt à se pourrir la vie se manifeste !
Si ça n'est pas avec la tristesse en raison de la séparation, c'est en raison d'un contexte familial. Et si j'ai épuisé ces aspects là je me retranche sur le côté géopolitique !
Effectivement, je ne l’avais pas abordé, mais ça se dégage de tes mots : tu as tendance à nourrir une identité de victime, un peu caliméro, quoi… 😊
Je vois qu'il y a un mécanisme qui s'active à ne pas chercher la paix d'une certaine façon. Du moins c'est un peu le bilan que je fais actuellement.
C’est une identité comme une autre. Mieux vaut être triste et seul que rien 😊. C’est une forme d’égo, quoi…
Note bien comme cette identité est fabriquée et nourrie par tes pensées (à propos de ton ex, tes enfants, ton père, le passé, ta solitude…). Je pense que tu pourrais tout aussi bien t’amuser à trouver et lister des raisons d’être heureux.
(Eckhart Tolle en parle dans « Nouvelle terre » il me semble. Il appelle cette identité construite sur la souffrance « le corps de souffrance ». C’est intéressant)
Peut-être un conditionnements familial… Peut être que gamin tu obtenais de l’attention quand tu chouinais 😊
Thierry